Anouk Bastian

Anouk BastianHRS-Label-10-ans-HRSAnouk Bastian, la première des 10 femmes que nous vous présenterons est l’exemple même qu’une femme peut trouver sa place et s’affirmer dans un métier considéré comme masculin. Diplômée en droit des affaires, Madame Bastian a travaillé en tant qu’avocate pendant deux ans, avant que son amour de la nature et de la région mosellane luxembourgeoise ne l’amène à devenir propriétaire-récoltant dans le domaine viticole familial (domaine Mathis Bastian).

Découvrez son parcours, ses engagements, ses défis, sa vision de la femme au 21 siècle.

 

Interview de Mme Bastian

Je m'appelle Anouk Bastian, je suis née à la Clinique Bohler le 20 janvier 1972. Je suis vigneronne indépendante, propriétaire récoltant au domaine viticole Mathis Bastian à Remich.

Pourriez-vous nous relater votre parcours professionnel ?

Après avoir passé mon BAC à l'Athénée du Luxembourg, j'ai commencé des études de Droit au Robert Schuman à Strasbourg, pendant lesquelles j'ai passé une maîtrise de « Droit des affaires ». Après avoir exercé 2 ans en tant qu'avocate, j'ai décidé de poursuivre des études d'œnologie à l'université de Reims.

Je pense que ma profession est une vocation. C'est un don inné et également un sens d'appartenance à la région viticole, la Moselle luxembourgeoise. Afin de devenir une bonne vigneronne, il faut avoir ce don et avoir l'odorat ainsi que les parties gustatives bien sensibles.

Comment avez-vous choisi votre métier ? Était-ce votre rêve d'enfant ?

J'ai toujours joué dans les vignes avec ma sœur et mon chien, mais à vrai dire, je préférais manger les raisins et me promener dans les vignes que de penser à faire du vin. C'était plutôt un rêve d'enfant lointain.

Était-ce difficile de vous faire une place en tant que femme ? Avec une carrière comme la vôtre, êtes-vous souvent confrontée aux stéréotypes ?

Après avoir passé mes formations au niveau de vignerons indépendants de l'OPVI, j'ai été très vite acceptée et respectée dans la profession de vigneronne.

En 2012, j'ai contribué à créer une association nommée « Les LuciliVines – Femmes et Vin du Luxembourg », pour laquelle j'étais présidente-fondatrice. C'est une association qui a pour but de rapprocher les femmes au monde du vin en leur proposant différentes formations et différents workshops au niveau de la dégustation et de la connaissance de la région viticole. Cette association est ouverte à toutes les femmes qui sont intéressées par la vinification.

Quelle est votre plus belle victoire ?

Je pense que ma plus belle victoire est la reconnaissance de ma région viticole. C'est ce sens d'appartenance à cette belle région, la Moselle luxembourgeoise, qui me fait bouger et qui m'anime. Je suis passionnée par mon domaine et je me vois en tant qu'ambassadrice de ma région.

Quel est le plus grand défi qu'on vous ait jamais lancé ?

Mon plus grand défi était ma première vinification. C'était un grand plaisir mais étant donné que les vendanges se font qu'une seule fois par année, il faut être très attentif, très concentré et avoir les bons réflexes au bon moment.

C'est également ça qui fait de cette profession une profession intéressante - cette diversité, travailler avec la nature, avoir les raisins qui sont bien mûrs, bien sains, et de faire ce vin et de le boire, de l'apprécier.

Vous avez eu de la chance d'avoir eu votre père, qui vous tenait par la main, qui vous a tout expliqué...

Oui, ça c'est une grande chance et je l'apprécie beaucoup.

Quelle est votre astuce antistress ?

J'adore faire une longue promenade dans les vignes, ça me relaxe beaucoup.

Quelle est votre devise ?

Pour moi, le verre est à moitié plein !

Quel genre de bébé étiez-vous ? Quelle petite fille étiez-vous ?

Je n'étais pas seule, j'avais toujours ma sœur jumelle avec laquelle je pouvais jouer. J'étais une petite fille créative et assez sportive, je faisais de la gymnastique au « Cercle Gymnastique de Remich ».
Avec ma sœur, nous étions des bébés actifs et timides en même temps. On était des vraies jumelles et on nous confondait tout le temps. Nous sommes encore toujours très proches aujourd'hui.

Quelle est la première image d'enfance qui vous vient à l'esprit ? Avez-vous une anecdote à raconter qui s'est passée durant votre enfance ?

C'est dans les vignes avec ma sœur jumelle et en présence de notre chien, on roulait en kart dans les chemins de vigne. On était actives et assez dynamiques. On jouait et on rigolait bien.

Parvenez-vous à vous protéger en gardant du temps pour vous ? Qu'est-ce qui vous ressource ?

Oui je prends le temps pour me relaxer et faire du sport, c'est important.

Quelle est la personne que vous admirez le plus ?

Dans mon entourage, je travaille avec la nature et je pense effectivement que c'est la mère nature qui me fascine le plus. C'est sa beauté et sa perfection. Et on travaille quotidiennement avec la nature.

Quelle sont à vos yeux les valeurs les plus importantes ?

Je pense l'authenticité. Dans une personnalité, l'authenticité, joue un rôle primordial, tout comme la sincérité.

En matière d'éducation quels sont les conseils que vous donneriez aux jeunes mères ?

J'ai lu un livre de Françoise Dolto « La cause des enfants » et je leur propose de le lire et de le découvrir. Ce livre m'a beaucoup aidé.

Où étiez-vous il y a 10 ans ?

Il y a 10 ans, j'étais la première présidente femme du premier rotary mixte qui s'appelle « Mondorf-Schengen », c'était un grand plaisir et un grand honneur d'être sélectionné parmi les rotariens ici au Luxembourg pour ce premier rotary sur la Moselle luxembourgeoise.

Quelle vie rêveriez-vous d'avoir dans dix ans ?

J'aimerais bien avoir une vie active et épanouie à tout niveau, en tant que femme, en tant que chef d'entreprise, en tant que maman.

Qu'est-ce qui a le plus changé en moi en dix ans ?

Je pense que j'ai appris à mieux me connaître pendant ces 10 ans.

Si vous étiez :

Une musique

Je suis les bruits et les sons de la nature – les chants d'oiseau, les vagues de la mer, le sifflement du vent, le craquement de la glace.

Un animal

Si j'étais un animal, je serais un papillon. J'aurais cette force de transformation personnelle, de légèreté, je serais colorée.

Un pays

Si j'étais un pays, je serais le Luxembourg. Je suis du terroir mosellan, je suis une bonne souche mosellane, je suis luxembourgeoise.

Un plat

Si j'étais un plat, je serais une salade printanière, croquante mais aussi multicolore, aux saveurs multiples.

Une couleur

Si j'étais une couleur, je serais une couleur pastel, plutôt claire et aussi dans la légèreté.

Un parfum

Si j'étais un parfum, je serais un parfum à la fois boisé et floral. Les pétales de roses, le bois de santal, un parfum riche et opulent.

Ce qu'il vaut mieux savoir à mon sujet

J'ai le don de m'adapter à des perspectives différentes et de me mettre à la place d'une autre personne.

Ce que je voudrais changer en moi

J'aimerais avoir plus de légèreté dans ma façon d'être, comme le papillon.

Ce que je regrette

Je ne regrette rien. La vie est une expérience et chaque expérience fait qu'on est vivante.

Ce qui me fait peur

Ce qui me fait peur c'est l'intolérance et l'arrogance.

Ce que j'ai appris à aimer en moi

J'ai appris à ne pas devoir plaire à tout le monde.

Ce qui me pousse à avancer

Ce qui me pousse à avancer tous les jours, c'est l'élan, l'énergie et aussi le pouvoir de se transformer personnellement.

Pour moi être une femme aujourd'hui c'est....

un hymne à la vie, il faut le vivre, ce sont des expériences différentes et chaque étape dans la vie d'une femme est importante et doit être vécue !